Parler aux fleurs
Qui sait encore parler la langue des fleurs ? Qui se souvient du temps où couleurs et parfums se frayaient en silence un chemin jusqu’au cœur ? Où le velouté d’un pétale, le jus noir d’une cerise, la tige duveteuse d’une pâquerette, le vol léger du bourdon suffisaient à donner le grand frisson. Le poète peut-être, le jardinier sans doute, l’enfant assurément… Les enfants demeurent les gardiens de cette langue silencieuse. Les gardiens d’un monde où, se pencher très bas pour saluer une fourmi, s’étonner de la robe sublime d’une pivoine, s’émouvoir en rencontrant un arbre tombé, attendre pendant des heures le passage d’une biche, n’est pas vain… un monde où tout cela compte bien plus que le reste. Enfant, jardinier et poète, nous le sommes tous évidemment. Souvenons-nous-en. Parler aux fleurs n’est pas l’apanage des enfants.
Bonne lecture,
Agathe et Carine
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