| Publié le 18 mars 2022 -

La paix, ça s’apprend !

La paix, ça s’apprend !

Lorsqu'un conflit surgit, en écoutant ce qui se passe en nous, et en nous écoutant mutuellement, on peut chercher des solutions ensemble. Mais cela ne tombe pas du ciel ! C'est le fruit d'une pratique régulière et d'une hygiène psychologique.

Dans nos relations, nous sommes habitués à vivre des situations de confrontation et de rapports de force, qui nous éloignent indéniablement de ce à quoi nous aspirons : des relations harmonieuses, une atmosphère paisible, en particulier au sein de notre famille. À force d’essayer d’imposer notre point de vue à l’autre ou de lui prouver qu’il a tort, nous nous privons d’une connexion véritable et de la joie d’être ensemble.

Cependant, la paix ne tombe pas du ciel, martèle Thomas d’Ansembourg, psychothérapeute, expert en Communication NonViolente, auteur de La paix, ça s’apprend ! (Actes Sud, 2016) : « Les rapports de domination – qui génèrent beaucoup de violence – ne sont pas notre seule façon d’être au monde. »

Selon lui, la paix devrait être enseignée « avec la même évidence que lire, écrire et calculer qui sont les trois piliers de base de l’enseignement sur la planète. Chaque citoyen devrait avoir l’occasion d’apprendre quels sont ses sentiments, quels sont ses talents, comment les mettre au monde, y être encouragé et développer ainsi une belle, bonne et juste estime de soi. Chacun devrait aussi apprendre à écouter les sentiments inconfortables, désagréables, la colère, le désarroi, la tristesse, la solitude, l’impuissance, que nous traversons tous tôt ou tard, en sorte de comprendre ses besoins sous-jacents avant de faire payer sa colère ou sa rage aux autres. Il y a un vrai enjeu de société dans ce travail de connaissance de soi.

En tant que parents, on peut peut-être proposer des petits changements, ne serait-ce qu’un atelier d’une heure par semaine. Imaginez la puissance, si dès demain un grand nombre de parents frappaient à la porte des directions d’école en disant : « Nous souhaiterions que nos enfants aient des cours de connaissance de soi, c’est un enjeu citoyen aussi important que lire, écrire, calculer ou faire de la gymnastique. » La gym des neurones et du coeur est importante pour intégrer d’autres approches. C’est une révolution qui est dans nos mains.

Dans toute école, il peut y avoir un petit groupe de parents inspirés et mobilisés qui pourrait proposer ça. À ce titre, on peut saluer le travail de l’association Déclic-CNV fondée par Catherine Schmider pour promouvoir la connaissance de soi, la médiation des conflits, l’intelligence émotionnelle auprès de l’Éducation nationale ; elle fait un très beau travail de formation des enseignants et des parents ! »*

*Extrait de notre entretien avec Thomas d’Ansembourg, dans La Petite Fabrique n°15.

La paix, ça s’apprend, paru en 2016 chez Actes sud, le livre de Thomas d’Ansembourg et David van Reybrouk

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