| Publié le 25 novembre 2019 - Propos recueillis par la rédaction – Photo : Anne-Emmanuelle Thion

Laurent Gounelle : La gratitude se cultive en famille

Laurent Gounelle : La gratitude se cultive en famille

Romancier français parmi les plus traduits dans le monde, Laurent Gounelle est aussi père de deux filles. Il nous parle ici de sa façon de transmettre la gratitude et de cultiver l'émerveillement en famille.

Quelle est la place de la gratitude dans votre existence ?

Je considère la gratitude comme l’antidote au “toujours plus”. En Occident, nous avons souvent tendance à nous tourner vers un passé heureux ou malheureux, ou vers un futur illusoire, fait de projections mentales dans lesquelles on s’engouffre pour imaginer le bonheur à venir. Ce bonheur fantasmé peut prendre la forme d’une promotion, d’un projet de plus ou moins grande ampleur ou tout simplement du week-end ou des vacances. Mais finalement, entre ce passé qui n’existe plus et ce futur fantasmé, on peut en oublier l’instant présent, le seul temps qui compte pourtant selon les maîtres spirituels. Je trouve que la gratitude nous ancre dans l’instant en nous libérant des regrets et des attentes. C’est l’un des principaux bénéfices de la gratitude que de ramener notre attention sur  l’instant présent et sa valeur. J’ajouterais un second bénéfice, et non des moindres : l’habitude de remercier pour ce qui est, ce que l’on possède ; remercier pour nos qualités, notre santé, notre famille, nous amène à prendre conscience de ce que l’on a et non de ce que l’on n’a pas. C’est un point essentiel pour moi qui m’a amené à cultiver la gratitude dans ma vie mais aussi en famille.

Vous êtes père de deux filles. Qu’avez-vous appris en devenant père ?

Tant de choses ! L’arrivée d’un enfant introduit une relation différente au temps en nous ramenant dans le présent : c’est là, maintenant, tout de suite, qu’il faut s’occuper du bébé. Ce n’est pas quelque chose que l’on peut planifier. J’ai eu ma première fille à 40 ans, et j’avais tellement entendu dans le passé « je n’ai pas vu mes enfants grandir » qu’à sa naissance, savourer la relation avec elle était un impératif. De ce point de vue aussi, la paternité a été un cadeau inouï car j’étais auparavant très projeté dans le futur.

Comment transmettez-vous la gratitude à vos filles ?

Mon épouse et moi avons souhaité leur transmettre très tôt. Par exemple, sans que ce soit une règle, nous leur avons suggéré, il y a des années, de remercier la personne qui a préparé le repas, que ce soit le papa ou la maman. Simplement de dire « merci pour ce repas ». Cela peut sembler tout à fait anecdotique, voire un peu vieillot. Ça rappelle la prière récitée autrefois avant de manger. Peu importe qui on remercie, que ce soit Dieu, le parent, la vie. Le fait de remercier, lui, n’est pas anodin. Car, non, ce n’est pas anodin de passer à table et de jouir d’un bon repas. Et prendre l’habitude de remercier celui ou celle qui l’a préparé amène l’enfant à en prendre conscience.

Quand on cueille un fruit sur un arbre, ou dans le jardin, on a conscience que la nature est généreuse. Sans le verbaliser nécessairement, on se met dans un état de gratitude envers la nature ou l’arbre, alors que le même fruit acheté en supermarché peut être avalé sans y prêter la moindre attention. Il me semble essentiel d’amener nos enfants à s’émerveiller de choses naturelles de la vie. Regarder la lune, les étoiles… C’est chouette de partager ensemble toutes ces choses-là, a fortiori dans un monde où la sensation prime sur l’émotion : on perd la capacité à apprécier les émotions subtiles qui sont pourtant, selon moi, beaucoup plus intéressantes et plus riches. Et ça entraîne de vrais bénéfices pour l’enfant.

La suite de l’entretien est à retrouver dans La petite fabrique n°2.
En savoir plus sur Laurent Gounelle : www.laurentgounelle.com

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