Kodomo-no-hi, le jour des enfants au Japon

Chaque année, des rangées de carpes décorent les rues et les parcs de l’archipel nippon, alors que le printemps bat son plein. La fleur d’iris baigne le pays de ses nuances de violet et de blanc, et sonne un moment faste du mois de mai. Son 5ème jour, on célèbre Kodomo-no-hi, « la journée des enfants » en japonais. L’équivalent voisin dont elle est issue est la fête chinoise des bateaux-dragons (Duanwu). À cette date, les petits sont à l’honneur, et il est d’usage de les initier au courage. Revenons sur le conte initiatique aux origines de cette tradition…

La fable de la carpe

Autrefois, nous dit la légende, un banc de carpes remontant le courant du fleuve Sumida-gawa au Japon, resta dépourvu face à une gigantesque cascade, et dut rebrousser chemin. Les Yokai, de petits esprits malicieux, se moquaient de ces carpes incapables. Cent ans passèrent jusqu’au jour où une carpe plus vaillante que ses congénères parvint à franchir la cascade jusqu’au ciel. Héroïque, elle fut transformée en dragon, une faveur que lui offrirent les Yokai.

Depuis ce temps, la carpe, koi en japonais, est un porte-bonheur dans ce pays, en plus d’être un symbole de bravoure et de persévérance, et, durant la journée des enfants, on orne les maisons, les prairies et le bord des rivières de koinobori : d’immenses carpes en tissu coloré hissées à des manches à drapeau en bambou ou suspendues à des fils virevoltant dans les airs, un spectacle digne d’une authentique carte postale. Les carpes, qui vivent dans les rizières du Japon, étaient originellement un poisson d’eau douce aux écailles noires. Aujourd’hui, il s’en trouve de toutes les couleurs (rouges, jaunes, bleues, etc.) à l’instar des arcs-en-ciel de koinobori.

Rituels et coutumes

Une fois avoir soigneusement déployé ces guirlandes de carpes, les Japonais se réunissent en famille pour partager des mets festifs. Parmi les pâtisseries traditionnelles, on déguste des chimaki, du riz gluant recouvert de feuilles de bambou, ou des kashiwa-mochi, un gâteau de riz fourré d’une purée de haricots rouges sucrée, puis enveloppé au cœur d’une feuille de chêne. En plus d’être savoureux, le kashiwa est un dessert symbolique : par la présence du chêne, il incarne la transmission et la continuité entre les générations. C’est aussi cela Kodomo-no-hi ! Une tradition ancestrale qui vante les familles et leur résilience, tout en gardant à l’esprit le courage de nos ancêtres.

L’iris, fleur de saison associée à ce jour singulier, est présente dans plusieurs coutumes. Pour conjurer le mauvais sort et attirer la faveur des Yokai, on accroche ses rameaux aux portes d’entrée. Aussi, les plus jeunes ont pour rituel de prendre des bains d’iris en raison des propriétés purificatrices qui lui sont prêtées, et car cette pratique serait favorable à une croissance saine.

La fête des samouraïs devenue mixte

C’est seulement depuis 1948 que cette célébration historique est officiellement mixte. Depuis la nuit des temps, les petits japonais et japonaises avaient chacun un jour de fête distinct durant l’année : Hina Matsuri, le 3 mars, pour les filles, et Tango-no-sekku, déjà « Fête des iris » du 5 mai, pour les garçons. Elle était alors une festivité de tradition guerrière, dont les samouraïs s’était emparés, et qui marquait un rite de passage de l’enfance vers l’âge adulte. Elle est progressivement devenue la journée de tous les jeunes, durant laquelle on honore, en plus de la force, la paix et le bonheur. Cette valeur de force, qui était réservée aux samouraïs combattants, s’est étendue pour inclure les japonaises également, tout en se pacifiant. Désormais, c’est la force intérieure de l’enfant qui est glorifiée. Tout comme la valeureuse carpe le prouve, il est louable de ne pas reculer devant l’échec et de faire preuve de détermination. Un enseignement que les parents transmettent au cours de cette journée de divertissement.

Le temps où les familles de guerriers de la société féodale japonaise offraient une partie de leurs armures aux garçons est révolu, mais en joyeux héritage, tous les enfants ont le loisir de confectionner des casques de samouraï en origami appelés kabuto, en plus des immanquables koinobori. Des idées créatives que l’on emprunte au pays du Soleil Levant pour une après-midi familiale originale !

Au festival Chambéry-Montagnes des Petits Baroudeurs

Nous voici sur le domaine nordique du petit village de Saint François de Sales. Le cadre somptueux laisse entrevoir tout autour le massif des Bauges. C’est le début de l’été. Imaginez une demi-douzaine de tables en bois recouvertes de victuailles en provenance des quatre coins de la France. L’idée géniale du festival pour lancer l’ambiance et brasser les familles a été de nous demander à tous d’apporter une spécialité pour composer un apéritif géant. L’équipe se charge d’arroser le tout de délicieuses bières locales… Dans le plaisir des mets partagés et les sourires échangés, les liens se tissent facilement.

On se croirait au festin à la fin d’un album d’Astérix, sanglier en moins, ou plus exactement dans le livre de Tom Hodgkinson, L’Art d’être parent. Des grappes d’enfants se forment, courent, certains font une course de draisiennes, d’autres observent les adultes qui trinquent depuis une butte escaladée. Tout est simple, joyeux, bon enfant, il n’y a rien à craindre, tout est juste.

À l’inscription, un formulaire demandait de préciser quel type d’emplacement de bivouac nous souhaitions. Venant à deux familles, j’avais choisi l’option.: au calme, dans un coin sauvage et pas trop près du camp de base du festival. Arrivés sur place, nous suivons Fred à travers un réseau de petits chemins sinueux jusqu’au lieu pressenti. Nous y plantons trois tentes, une pour les petites, et deux pour les adultes. Cet emplacement, en lisière de forêt, se révèle parfait pour notre petite tribu. En faisant quelques pas dans le bois, j’ai l’impression très forte d’entrer dans une maison familière, certainement peuplée de fées ou de lutins. Nous protégeant des rayons ardents du soleil en ce début de canicule, la forêt offre un espace protecteur, comme un intérieur.

Nous allons passer 72 heures dehors en famille, et juste derrière notre campement, se tient un lieu rassurant, un chemin creux entouré d’arbres et un monticule de pierres recouvertes de mousse comme une invitation à grimper et à se poser.

Un terrain idéal pour se retirer tranquille, contempler, s’asseoir en silence sur une pierre. Ce qui sera certainement nécessaire au vu du programme qui nous attend ! Une fois installés, nous composons le planning de notre week-end : grimpe d’arbre, spéléo, cueillettes et cuisine de plantes sauvage, yoga… Les activités avaient été choisies par mes soins en amont et il m’avait été difficile d’écarter plusieurs propositions alléchantes pour retenir celles-ci. Sacré prouesse de l’équipe d’offrir autant de possibilités d’expériences sur 2 jours et demi ! Durant tout le festival, Céline, Fred et leur équipe veillent au bon déroulement des opérations, on les sent concentrés mais aussi décontractés. Ils profi tent véritablement de ce qu’ils ont créé. On sent qu’ils se réjouissent très profondément de voir se réaliser ce qu’ils ont imaginé, d’accomplir une partie de la mission qu’ils se sont donnée avec “Les petits baroudeurs”. Céline et Fred, qui sont avant tout des parents férus d’aventure et de plein air, ont créé ce festival «  pour se retrouver ensemble pendant quelques jours et se reconnecter à soi, à ses enfants et à la nature, tout en prenant plaisir à rencontrer et échanger avec des familles aux valeurs communes. » Le pari est plus que réussi !

Oui, 150 personnes sont ici réunies dans la joie de barouder en famille, de vivre des aventures en pleine nature, y compris avec des touts petits. Car, le festival est véritablement accessible à tous, les propositions s’adaptent à l’expérience de chaque famille en termes de bivouac et de vie en plein air. Vous n’avez pas de matériel  ? Le festival peut mettre à disposition tout le nécessaire. Vous êtes des baroudeurs aguerris ? Vous y trouverez aussi votre compte, c’est évident ! C’est d’ailleurs ce qui fait toute la richesse de l’expérience. Ce que retiennent nos enfants de cette parenthèse ? La veillée au coin du feu, à chanter à tue-tête “Il en faut peu pour être heureux”, la liberté d’aller et venir avec les copains sur le camp de base, la grimpe tout en haut à la cime des arbres avec Guilhem, le goût des chamallows grillés, la saveur de l’épiaire, du plantain ou de la berce, les plantes sauvages cueillies et cuisinées avec Lionel, l’expérience du noir absolu et le passage dans la chatière lors de la sortie spéléo, l’observation de la surface de la Lune à travers le télescope de l’observatoire, les parties de rigolades dans les tentes suspendues… L’expérience est dense et tout le monde en redemande. Rendez- vous le 6 juillet à Saint François de Sales pour la quatrième édition du festival Les Petits Baroudeurs Chambéry Montagnes. Bon à savoir, l’équipe à lancé la version surfcamp du festival : Les petits Baroudeurs Océan, programmée du 9 au 11 mai 2024 au Porge !

Infos et billetterie :

lespetitsbaroudeurs.com/festival

Visite à la ferme et découverte des traditions en famille

Quel métier voulais-tu faire quand tu étais petite ?

Je voulais déjà travailler avec les animaux, mais ceux qui vivent dans la mer. Je rêvais d’être chercheuse en biologie marine.

 

Tu as l’air déguisée comme autrefois. Est-ce que tu es fermière pour de vrai ?

Je suis fermière pour de vrai car je m’occupe des animaux tous les jours, c’est mon métier, mais je ne suis pas agricultrice : je ne fais pas d’élevage d’animaux pour qu’ils soient mangés, ni pour vendre leurs œufs, mais simplement pour présenter aux enfants comme toi ces animaux d’autrefois.

 

Comment ça, des animaux d’autrefois ? Ils sont déguisés, eux aussi ?

En fait, ce sont plutôt des races traditionnelles, des races oubliées qui vivaient dans les Alpes et qui sont devenus plutôt rares. Comme tu le vois, ce sont de grands et gros animaux, il n’y a pas d’animaux nains car autrefois ça n’existait pas. La plupart ont de longs poils ou beaucoup de plumes ou font beaucoup de graisse pour se protéger du froid ; ce sont des races très adaptées à la montagne.

 

Qu’est-ce que tu aimes dans ton métier ? Qu’est-ce qui est difficile ?

Il n’y a pas de bâtiments à la Petite Ferme, juste des cabanes dans les prés pour les animaux, dans lesquels ils peuvent entrer et sortir quand ils veulent. Chaque jour, je travaille dehors en contact avec les animaux ; c’est ce que j’adore dans mon métier, mais parfois c’est dur ! L’hiver il fait très froid, il y a beaucoup de neige. Tout est plus difficile, l’eau ne coule plus, je dois monter des bidons pour les animaux. Il faut descendre le foin avec la luge. Et l’été, il peut faire entre 35 et 40 °C. Les journées sont très longues ; il faut s’occuper des animaux tôt le matin et tard le soir.

 

Que font les animaux de la ferme quand il neige ? Ils supportent bien le froid ?

Ils ne craignent pas du tout le froid ni la neige, mais il faut beaucoup les nourrir. Avant même que la neige arrive, les animaux sont très excités, ils sont tout foufous. Je sais alors qu’il va neiger : pas besoin de regarder la météo. Ils ont plus de mal avec la chaleur. L’été, ils se mettent souvent à l’ombre dans leur cabane.

 

Que fais-tu de la laine quand tu tonds les moutons ?

Je la nettoie et j’apprends à mes petits visiteurs à la démêler comme autrefois. On fait aussi des petits ateliers créatifs avec la laine.

Les traditions alpines

À la Petite Ferme des regains, on découvre comment on élevait les animaux en montagne, comment on travaillait la laine et le lait et comment les animaux nous aidaient à porter et à tirer de lourdes charges en montagne. On s’aperçoit qu’autrefois, on arrivait à travailler avec les animaux et à faire beaucoup de choses avec peu de moyens : on n’avait pas d’électricité ni de tracteur, mais les animaux étaient là pour nous aider. On voit qu’on peut se débrouiller avec ce que la nature et les animaux ont à nous offrir.

Ça veut dire quoi, les “regains” ?

“Regain” est un mot agricole : c’est la deuxième coupe de foin. On coupe le foin une première fois en début d’été pour nourrir les animaux l’hiver, et parfois quand l’herbe repousse en milieu d’été, on peut la couper à nouveau. Il y a aussi un deuxième sens : le regain, c’est le renouveau, le regain de souvenirs et d’émotions.

 

As-tu une anecdote rigolote ?

J’en ai plein, mais en voici une ! Pour la basse-cour, je n’ai acheté que des filles… Enfin, c’est ce que je croyais. 2 poules, 2 canes et 2 lapines dénommées Alanis et Morissette. Un jour, je suis arrivée à la Petite Ferme et j’ai découvert des bébés lapins ; ce n’était pas prévu du tout ! Alanis était en fait un garçon ; nous avons donc 4 lapins désormais.

 

La Petite Ferme des Regains

Ferme pédagogique & Traditions alpines

Les Cayres
05100 Villar-Saint-Pancrace

Tél. : 06 61 80 97 78

 

5 idées pour accueillir le renouveau du printemps

  1. Une promenade dans la nature : Organisez une promenade en famille dans un parc, une forêt ou tout simplement dans votre quartier pour observer les premiers signes du printemps. Cherchez des fleurs qui commencent à éclore, des bourgeons sur les arbres, des oiseaux qui reviennent de leur migration, et discutez avec vos enfants des changements observés dans la nature. Vous pouvez tenir un journal de balade pour consigner les changements observés au fil des balades et encourager les enfants à sortir plus souvent. La pratique du sit spot est également un excellent moyen d’observer au fil des jours les moindres changements.
  2. Jardiner en famille : Profitez du début du printemps pour commencer un petit jardin en famille. Que ce soit dans votre jardin, sur un balcon ou même dans de petits pots à l’intérieur, laissez les enfants choisir quelques plantes ou graines à cultiver. Impliquez-les dans les plantations ou semis, l’arrosage et observation de la croissance des plantes au fil des semaines.
  3. Activités artistiques inspirées du printemps : Organisez une session artistique en plein air, où les enfants pourront créer des œuvres d’art inspirées par le printemps : couronnes de fleurs avec des fleurs fraîches ou en papier, ou fabrication des mobiles avec des éléments naturels tels que des feuilles et des brindilles.
  4. Pique-nique printanier : Organisez un pique-nique en famille pour célébrer l’arrivée du printemps. Préparez ensemble des sandwichs, des fruits frais et des collations légères. Choisissez un endroit agréable en plein air, comme un parc ou un jardin botanique, et profitez-en pour observer la nature et écouter le chant de la nature qui se réveille.
  5. Nettoyage de printemps : C’est le moment de se lancer avec les enfants dans un nettoyage de printemps de la maison. Encouragez-les à trier leurs jouets, vêtements et livres pour identifier ceux qu’ils n’utilisent plus et qui pourraient être donnés à des associations caritatives ou à d’autres enfants dans le besoin. Faites-en une occasion d’apprendre sur le partage et la générosité tout en faisant de la place pour de nouvelles expériences à venir.

Guetteur de printemps

Imagine la nature en train de se réveiller et guette ses premiers mouvements : l’éclosion des perce-neiges, les chatons dans les noisetiers, les premières feuilles sur les arbres, le retour des hirondelles, la première coccinelle… Autant de petits indices à observer qui annoncent l’arrivée prochaine du printemps.

1. Découpe la frise du printemps à télécharger et accroche-là à un mur.

2. Découpe les étiquettes à télécharger, ce sont les “signes” du printemps.

3. En rentrant de balade, accroche avec un peu de Patafix les indices du printemps que tu as pu observer.  Tu peux aussi ajouter tes propres observations, si elles ne sont pas sur les cartes.

4. Garde ta frise pour l’année prochaine, tu pourras observer si les signes du printemps arrivent au même moment que cette année.

Les bugnes d’Hélène

 

Ingrédients :
• 2 œufs entiers
• 1 verre de crème fraiche fluide
• 1 verre de sucre roux
• 1 sachet de levure chimique
• 2 cuillers à soupe d’eau de vie de mirabelle 
• env. 300 grammes de farine (en fonction de la consistance de la pâte qui doit faire une boule sans coller)
• du sucre glace pour saupoudrer sur les bugnes une fois cuites
• de l’huile de friture 

Préparation :
Mélanger tous les ingrédients et laisser reposer la boule de pâte obtenue au moins vingt minutes, ceci est capital.
Faire chauffer un bain d’huile de friture et y plonger les bugnes façonnées en forme de navette par 4 ou 5 à la fois jusqu’à ce qu’elles soient juste dorées.
Une fois cuites et refroidies, saupoudrer d’un peu de sucre glace.

Le conseil de lecture d’Hélène: j’adore lire aux enfants Caroline au carnaval (Pierre Probst) à cette époque de l’année

Bon baisers du pays des Ecrins

Aujourd’hui, les oiseaux chantent, le soleil caresse le paysage et semble se moquer des neiges récemment tombées… Pas d’inquiétude cependant : la station Puy saint Vincent, « protégée des vents » par sa forêt de mélèzes et sa position géographique au milieu de hauts sommets étant située à l’Ubac, la neige y reste présente.

Puy Saint Vincent et Pelvoux-Vallouise sont deux stations tournées vers un tourisme responsable et familial : tandis que la première dispose d’un domaine skiable d’altitude (de 1400m à 2700m) à taille humaine, la seconde est idéale pour apprendre à skier ou pour pratiquer le ski de fond et des balades en raquettes au sein d’un domaine nordique qui embrasse le massif des Écrins et son mythique Pelvoux ! Ici, les parents peuvent profiter d’un forfait pour deux, et descendre quelques pistes en solo pendant que les enfants testent les remontées à cordes, ou visitent ce bien curieux igloo posté au pied des pistes. Il paraît qu’un poulpe de neige en garde l’entrée…

Nous nous aventurons dans ce dédale peuplé de sculptures éphémères de neige et de glace réalisées par des artistes de la région… ce sont de vrais magiciens ! Sur le site, des espaces de jeux et de luges, une patinoire et des projections de film documentaire dans un dôme géodésique permettent une pause ludique, avant le grand départ… en chiens de traîneaux.

Un rêve de gosse, à partager en famille. La rencontre est magique. Il faut dire que Lucien est amoureux fou de ses chiens, et transmet avec un bonheur non dissimulé son expérience de musher en Scandinavie et au Canada aux enfants comme aux plus grands. A ses côtés pour quelques heures, l’on touche du doigt le lien de confiance, la proximité et la complicité avec ses chiens dont il connaît parfaitement le caractère, et l’on apprend à interagir avec eux afin de conduire l’attelage au mieux.

Et pour clore cette journée un peu folle, vous reprendrez bien une louche de magie ? A l’orée de la forêt, loin de l’agitation, nous retrouvons Sylvain Théobald, accompagnateur en montagne, pour une petite marche dans le silence des sous-bois. Ensemble, guidés par la pleine lune, nous laissons la magie de la forêt nous envelopper, et mettons nos pas dans ceux, frais, des petits habitants de ces contrées. Qui est passé par ici ? Sous le voile de la nuit, les sens sont décuplés et nos cœurs battent à l’unisson.

Habitation en vue ! Est-ce la maison d’un petit cochon ? Trop glacée ! A moins qu’il ne s’agisse de la cachette d’un yéti ? Trop petite ! L’igloo de Sylvain fait fondre nos cœurs : creusé et entretenu avec amour, c’est le refuge des gourmands, car ce soir, c’est fondue ! A l’intérieur, il fait bon, et autour de la petite table de glace, on mange de bon appétit et l’on sait qu’après nous, les habitants de la forêt feront le ménage !


NOTRE CARNET D’ADRESSES

Le village Igloo Pelvoo
Du 23 décembre 2023 au 31 mars 2024
Ouvert tous les jours, de 13h à 18h pendant les vacances scolaires ; les mercredis, samedis et dimanches, de 13h à 18h hors vacances scolaires
4,50€/Adulte, 2,50€/Enfant de 4 à 12 ans, Pass Famille à partir de 11€
www.igloopelvoo.com 

Mushing addict, Chiens de traîneau
L’activité chien de traineau est accessible pour les enfants de 3 à 7 ans à travers le “baby traineau park” et de 8 à 12 ans à travers le “kid traineau”.
A partir de 50 euros les 2 heures. Pour réserver : 06.34.27.39.72 – mushingaddict@gmail.com

Fondue sous Igloo
Accessible en famille, dès 5 ans
à 15-20 minutes de marche, en raquettes ou à pieds
60€/adulte et 30€/enfant de – de 12 ans
contact : 06 82 53 55 72

La musique du froid

Voici 3 ingrédients utilisés par les compositeurs pour écrire la musique du froid :

1. Des notes courtes et répétées. Elles représentent les tremblements que nous fait ressentir le froid.

2. Des notes longues et aiguës. Elles représentent le froid glaçant d’une grande plaine enneigée.

3. Des mots chuchotés avec des syllabes répétées. Ils représentent la difficulté à parler que le froid peut engendrer.

Ouvrez maintenant bien les oreilles !

Voici, par ordre chronologique de composition, des musiques dans lesquelles les compositeurs utilisent ces ingrédients.

Certaines de ces musiques sont longues, alors ne vous forcez pas à tout écouter d’un coup ; prenez votre temps pour mieux les apprécier.

Votre défi est de retrouver quels ingrédients sont utilisés dans quelle musique !

Retrouvez la playlist du jeu sur Spotify.

Choeur du people du froid, « See, see, we assemble thy tevels to hold », Henry Purcell

Ce chœur est extrait de l’opéra King Arthur (Le Roi Arthur) d’Henry Purcell, un compositeur anglais de la fin du XVIIe siècle.


Comment s’y est pris Purcell pour rendre ce chœur si glaçant ?

Réponse : On y retrouve les ingrédients 1 et 3 !

En bonus : Le jeu avec les mots en “ss” et “ch” accentue l’effet de frissonnement.


Concerto No. 4 in F minor “L’inverno” (l’hiver), Antonio Vivaldi

Dès qu’il est question de saison, de temps, de météo, on est obligés de se plonger dans Les Quatre Saisons, de notre cher Antonio Vivaldi ! Il les a composées entre 1723 et 1725 environ, en Italie.

L’Inverno est composé de trois mouvements, c’est-à-dire de trois parties. Le premier mouvement est plutôt rapide (allegro non molto), une deuxième partie lente (largo) et une troisième partie rapide (allegro).

Qu’a donc mis Vivaldi comme ingrédient pour composer l’hiver ?

Réponse : On y retrouve les ingrédients 1 et 2 !

En bonus : Dans le premier mouvement, on entend des notes répétées et tremblantes aux violons ; ce sont des trilles.


Battle on the Ice

Beaucoup plus tard (en 1938), Serge Prokofiev, un compositeur russe, raconte une bataille dans le froid de l’hiver.

Quels sont les ingrédients utilisés par Prokofiev ?

Réponse : On y retrouve les ingrédients 1 et 2 !

En bonus : Dans cette musique, on entend des instruments qui grincent. C’est un “mode de jeu” (une manière de jouer) des instruments à cordes consistant à frotter l’archet très près du chevalet. La corde y est plus dure et tendue, cela modifie donc le son. Sur la partition, il est écrit, pour les instrumentistes à corde, l’indication sul ponticello (“sur le chevalet”, en italien).

Le son des trompettes est aussi modifié par l’utilisation de sourdines.


Un Soir de neige : III. Bois meurtri, Francis Poulenc

Encore plus tard (en 1944), en France… Francis Poulenc compose une musique chantée pour parler du froid, sur des paroles de Paul Éluard.

Une simple mélodie suffit pour que nous ayons des frissons dans le dos ! L’accentuation des mots en “ss” et “ch” augmente cette sensation.

Quel ingrédient Poulenc a-t-il utilisé ?

Réponse : On y retrouve l’ingrédient 2 !

En bonus : À cette époque, le compositeur utilise les ingrédients avec plus de subtilité parce qu’il y a déjà beaucoup de choses qui ont été composées sur le froid avant même qu’il naisse !

Pour les plus connaisseurs, il joue plutôt avec l’harmonie (il met ensemble les notes d’une certaine manière afin de créer des sonorités “inédites”).

 

 

 

 

Le calendrier des plaisirs partagés

1. SUSCITER L’ADHÉSION

Faites une proposition à vos enfants qu’ils ne pourront pas refuser, remplacer le calendrier du commerce par un calendrier spécial, qu’ils auront eux-mêmes conçu. Le principe est simple : durant 24 jours, ils réalisent une activité qui leur plaît et avec vous. Donnez des exemples en fonction de leurs centres d’intérêt. Ils adorent que vous jouiez aux Lego avec eux, mais vous ne leur accordez que rarement ce plaisir ? Cela peut être une des activités au menu, tout comme faire un gâteau, une bataille de guili ou lire deux histoires au lieu d’une avant d’aller dormir. Autant de privilèges qui ne font pas le poids face à un minuscule chocolat.

2. VOUS ASSURER DE LA FAISABILITÉ DE VOTRE ENGAGEMENT

Il est important qu’il y ait quelques activités “longues”, réservées aux week-ends, et beaucoup d’activités de courte durée et faisables le soir en semaine. Demandez aux enfants d’écrire leurs propositions sur des petits papiers, si possible en nombre supérieur à 24 ; leur imagination finira par se tarir et vous pourrez leur souffler des activités peu chronophages mais qui restent importantes pour eux. Puis, expliquez que vous allez organiser le calendrier, et que l’activité du jour sera donc une surprise pour eux…

3. LE MONTAGE

Il s’agit de classer les activités en fonction de leur durée ou de l’organisation logistique qu’elles demandent, afin de les répartir dans le mois. Au week-end, on attribuera les sorties au cinéma, confections culinaires ou autres parties de Monopoly, et les jours de semaine se verront attribuer les massages de pied, histoires à la lampe torche sous la couette ou parties de cache-cache dans la maison. L’installation des papiers peut prendre toutes les formes possibles : punaisés sur tableau de liège ou attachés sur un fil, voire en vrac dans un saladier, l’idéal étant que l’enfant ne puisse pas ouvrir le papier du jour sans que cela ne se remarque.

4. L’OUVERTURE

Faites-en un moment de joie, vous avez choisi ces activités presque autant qu’eux… Et si par hasard un imprévu vous empêche un jour ou un autre de réaliser ce qui était planifié, prévenez-les dès l’ouverture et inscrivez une nouvelle date, promis, juré, craché, vous serez au rendez-vous !

“ Le livre n’est pas un outil mais un support de rêve.” Beatrice Alemagna

Avez-vous toujours su que vous vouliez créer des albums ? 

Je ne l’ai pas toujours su mais très vite, j’ai compris que je voulais raconter des histoires au travers de mes dessins. Dès que j’ai compris que les albums n’étaient pas des météorites surgis du ciel, mais qu’ils étaient écrits par de vraies personnes, j’ai su que c’était ce que je voulais faire de ma vie. J’avais 8 ans. J’avais écrit une rédaction dans laquelle je déclarais vouloir devenir « peintre de roman ». J’en regardais beaucoup et voulais moi aussi créer des mondes, des univers qui permettaient le voyage ; encore aujourd’hui, je lis beaucoup plus d‘albums que de romans. Depuis mon enfance, je veux pénétrer ce monde d’images et de mots. L’album illustré a la particularité d’avoir une troisième narration, qui naît soit de l’interaction des mots et des images ensemble, soit de leur décalage. Cette troisième narration me passionne. Je suis originaire de Bologne, capitale de la Foire du livre pour enfants. Mes parents avaient de nombreux amis dans le milieu de la culture et les hébergeaient pendant la Foire. Ma maison devenait alors un gîte où les invités laissaient les livres qu’ils ne pouvaient emporter. Ils étaient en russe, en arabe, en espagnol. Je ne comprenais pas un mot de ce qui était écrit, mais le livre était pour moi mystérieux, porteur de merveilles. Il était un trésor et m’appelait. Je n’en ai jamais démordu, même si mes études m’ont obligée à aller vers d’autres voies. Je n’ai pas fait d’école d’art, je suis autodidacte, mais ma ténacité était portée par ce que j’ai ressenti comme une vocation. 

Quelle lectrice étiez-vous enfant ?

Obsessionnelle, je dirais ! J’adorais Astrid Lindgren ou les auteurs néoréalistes italiens, comme Gianni Rodari ou Italo Calvino. J’adorais les micro-histoires plus que les grandes épopées. J’étais fascinée par le tout petit, le microscopique. Fifi Brindacier, par exemple, est l’emblème de mon rapport à la lecture : c’est une petite fille à qui on peut s’identifier mais aussi un personnage incroyable, qui fait des choses inattendues. J’aime explorer l’intérieur et les problématiques d’un personnage. Enfant, j’étais attirée par les histoires qui entraient en résonance avec mon intériorité. J’avais besoin de me trouver, je pense, puis de m’exprimer ou d’être exprimée. J’avais un rapport fétichiste au livre aussi : je cachais les livres de Tomi Ungerer sous mon oreiller (rires).

Cela fait écho au mystère, aussi, à ce que l’on cache…

Oui, je conservais mon monde à l’abri des regards. Je faisais sans doute germer un monde dans mon intimité. 

Vous vous posiez beaucoup de questions ?

Oui, beaucoup ! Et surtout une en particulier : je n’arrivais pas à m’expliquer comment je pouvais être aussi différente des autres. Dans mon album Au pays des petits poux, les petits poux se découvrent pour la première fois et se rendent compte qu’ils sont tous différents. C’est ainsi que je me sentais : pas à la hauteur non plus. Je crois que le livre m’a donné un statut, je me suis sentie enfin digne d’attention. J’avais besoin de trouver un espace où parler et où me faire entendre. J’avais un sentiment d’inexistence qui a été annulé par la présence des mots, comme dans Les Cinq Malfoutus. Il y a beaucoup de moi aussi dans cet album… Je suis tous les malfoutus ! Et tout ce que l’on ressent, tout ce qui bloque en nous, peut se régler par la parole et par les mots.

Vos albums, très différents les uns des autres, sont-ils liés par l’envie d’aider les enfants à grandir ? 

Je suis un peu contre l’idée que l’album puisse être un outil pour résoudre les problèmes ; je vois sur les réseaux sociaux des mamans qui demandent des conseils pour leur enfant qui n’arrive pas à dormir, par exemple. Pour moi, le livre n’est pas un outil mais un support de rêve. Peut-être aide-t-il à comprendre le monde, mais il ne doit pas répondre à un besoin. Le livre n’est pas un remède.

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